La tiny house du Bois del Terre a reçu son permis durbanisme
 
24-02-2021 à 08:41 - Michel DEMEESTER - L'Avenir
 
La famille Dussenne a obtenu son permis d'urbanisme pour l'installation d'une tiny house au sein de l'habitat groupé du Bois del Terre.
 
Bernard et Florence Dussenne habitent le Blanc-Ry à Ottignies, ils cherchaient une maison pour leur fille Jeanne, pas trop éloignée de leur domicile : «Elle n'a pas trouvé dans le coin, du moins pas à un prix abordable. C'est très compliqué de trouver un logement accessible pour les jeunes», indique Bernard Dussenne. Celui-ci est menuisier de jardin : «Je fabrique des cabanes habitables. J'ai toujours été attiré par les habitations légères. J'ai donc décidé de lui fabriquer une tiny house. Je l'ai réalisée en deux mois et demi, avec l'aide d'un ami le premier mois. J'ai terminé seul les finitions. J'ai débuté cela il y a juste un an». Il a dû respecter quelques règles : «Elle est construite sur une remorque, elle doit être déplaçable, ne pas peser plus de 3,5 tonnes. Dans un espace d'environ 20 mètres carrés, elle offre le confort d'une habitation. On pourrait y loger trois personnes», poursuit Bernard Dussenne.
 
Ce type de logement sort toutefois des règlements communaux. Il n'est pas possible de l'installer au fond de son jardin : «Comme nous sommes voisins de l'habitat groupé, j'ai demandé s'ils accepteraient de l'installer chez eux. Ils ont accepté à condition d'obtenir un permis d'urbanisme».
 
Un permis classique pour un logement qui ne l'est pas
 
Bernard Dussenne s'est donc présenté à la Ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve avec son dossier. Il y a été accueilli avec étonnement : «Nous avons suivi la procédure comme on nous l'a indiquée. Nous avons dû prendre un architecte pour construire le dossier».
 
«L'Arrêté du Gouvernement Wallon du 9 mai 2019 qui modifiait les aspects réglementaires du CoDT permet à certaines Habitations Légères de bénéficier d'un permis "sans architecte" (Annexe 9). Mais souvent une Tiny house dépasse les 3,50 mètres de haut, conditions à ne pas dépasser pour bénéficier de l'annexe 9. Ce serait une belle avancée que les tiny houses puissent aussi en bénéficier car ce sont de manière décrétale, des habitations légères», intervient Vincent Wattiez, cheville ouvrière du Réseau brabançon pour le droit au Logement du Centre culturel du Brabant wallon.
 
Le permis a été octroyé : «Nous sommes heureux que la Ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve nous ait prêté une oreille attentive. Le permis est identique à celui d'une habitation classique. Il faut maintenant raccorder la tiny house à l'électricité et à l'égout. N'y couleront que les eaux grises, de la douche et de l'évier. J'ai prévu une toilette sèche».
 
Le terrain se situe en zone d'habitat, ce qui était une condition indispensable à l'obtention du permis : «Ce ne serait pas possible en zone agricole ou forestière», souligne la bourgmestre, Julie Chantry.
 
La délivrance du permis va permettre à Jeanne Dussenne de s'y domicilier : «J'adore, je trouve cela pratique. Je ne voulais pas d'une grande maison. Une tiny house ne coûte pas cher en énergie. Pour moi, c'est super !»
 
«Un dossier exemplaire»
 
À Ottignies-Louvain-la-Neuve, on est satisfait d'avoir pu délivrer ce permis : «L'habitation légère est inscrite dans notre schéma de structure. Je suis ravie que nous ayons une demande qui aboutisse à la délivrance d'un permis d'urbanisme après enquête, analyse juridique et urbanistique. Nous avons juste imposé la plantation d'arbustes pour limiter l'impact visuel depuis la voirie», indique la bourgmestre, Julie Chantry. Le permis est limité à cinq ans : «Il y aura encore du changement au niveau de l'habitat léger. Cela permettra de voir comment cela va évoluer.»
 
Les demandes de ce type ne sont pas légion : «Le dossier de la tiny house du Bois del Terre est exemplaire. C'était un montage parfait avec une écoute attentive de la Commune et de la Région wallonne. Ce n'est pas évident. Il y a tout ce qu'il faut dans le Code du développement territorial pour refuser l'habitation légère dans une commune. On sent toutefois une évolution dans les mentalités», explique Vincent Wattiez, porteur de projets du Réseau brabançon pour le droit au logement au sein du Centre culturel du Brabant wallon.
 
L'installation d'une habitation légère reste une question de contexte : «Un permis a été octroyé pour une yourte comme gîte agricole dans l'Ouest du Brabant wallon. Il n'est pas possible d'implanter une tiny house n'importe où. Il faut tenir compte de l'aménagement des lieux, des nuisances pour le voisinage. Au Bois del Terre, elle est située dans un contexte boisé, proche du bois de Lauzelle. La rue des Fusillés n'aurait sans doute pas été un bon endroit pour l'implanter», signale Cédric Harmant, attaché au service de la fonctionnaire-déléguée.