Publié le 07-01-21 à 06h36 - Mis à jour le 07-01-21 à 06h36  Monique Baus

 

La tendance était apparue dès la rentrée de septembre : l'enseignement à domicile a séduit, en année de pandémie, encore plus de familles que d'habitude. Pour rappel, on comptait en tout, fin septembre, 3 187 élèves relevant de l'enseignement à domicile. Ce qui, par rapport aux 1 939 qui avaient opté pour ce système un an plus tôt, représente une augmentation de près de 40 % ! Sur ces 3 187 élèves, on en retrouvait 2 416 à la maison (les 771 autres étant inscrits en écoles privées), soit plus du double des élèves chez eux un an plus tôt (1 103) !


Très vite, le boom des inscriptions a cependant inquiété nombre de professionnels de l'éducation. Les parents, ont-ils les outils suffisants pour assurer ou superviser le travail scolaire ? Interrogée par la députée Mathilde Vandorpe (CDH), la ministre de l'Éducation, Caroline Désir (PS), a refait le point sur la situation en Commission du parlement.
Il est apparu que l'enseignement à domicile ne signifie pas autonomie et libertés totales. Il y a des balises à suivre, comme les épreuves externes certificatives auxquelles sont soumis tous les élèves (CEB, CE1D, CESS), ainsi que des contrôles organisés par le Service général de l'inspection (SGI). Mais qu'en est-il sur le terrain ?
Cinquante élèves rentrés d'eux-mêmes
Premier constat : environ 50 élèves initialement inscrits en enseignement à domicile sont déjà retournés volontairement en classe depuis la rentrée.
C'est aussi le cas d'un 44 autres élèves, renvoyés à l'école par le SGI. Jusqu'ici, le Service général de l'inspection a en effet convoqué 537 enfants : 425 se sont présentés au contrôle, 64 enfants ont remis un certificat médical (un nouveau contrôle aura lieu pour eux en février 2021) et 44 enfants n'ont pas justifié leur absence, ce qui entraîne automatiquement pour leurs parents l'obligation de les réinscrire dans une école et de fournir un justificatif avant fin janvier.
Cinquante-trois n'ont pas satisfait
En cas de contrôle négatif, la procédure prévoit l'organisation d'un deuxième test, dans les 2 à 6 mois suivants. Cette fois, 53 enfants n'ont pas satisfait au contrôle de l'inspection. Dans certains cas, la commission a estimé que leur situation était suffisamment inquiétante pour les convoquer à un deuxième contrôle dès le mois prochain. La commission a aussi dû reporter sa décision pour 10 enfants, ce qui entraîne l'organisation d'un nouveau contrôle pour eux au mois d'avril 2021.
Que se passera-t-il si, au deuxième contrôle, le niveau des études n'est toujours pas jugé satisfaisant ? L'élève devra être inscrit dans une école pendant au moins une année scolaire.
Au moins 1 sur 4 à cause de la crise
On en sait aussi un peu plus à présent sur le profil des parents qui ont opté pour ce système cette année. Selon les informations communiquées par l'administration, 394 des 2 416 élèves scolarisés à la maison en septembre auraient dû rentrer en troisième maternelle, à l'occasion de l'abaissement à 5 ans de l'âge de la scolarité obligatoire. Rien ne permet d'expliquer cette tendance à ce stade. L'hypothèse est la crainte de la pandémie.
"Plus de la moitié des parents ne précisent en général pas de motif particulier", a expliqué la ministre. Cette fois, près de 600 ont cependant mentionné la pandémie comme justification sur leur formulaire d'inscription, et presque autant ont évoqué des motifs pédagogiques. Quelque 518 parents ont fait le choix de cet enseignement pour diverses autres raisons (profession, voyage itinérant, raisons artistiques ou sportives). Dans certains cas plus rares, enfin, il s'agissait d'un choix dû à un harcèlement subi à l'école ou bien d'une phobie scolaire.

https://www.lalibre.be/belgique/enseignement/pres-de-cent-eleves-scolarises-a-domicile-en-septembre-sont-retournes-en-classe-5ff5f7777b50a652f7a10a51?fbclid=IwAR29u6CF4Fhp6V-J2n_FE_ZY32_F5ho1CB26EewOpReroBJF7lC-OMYmQK4