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Des experts du Conseil de l'Europe ont visité hier après-midi l'aire d'accueil des gens du voyage de Tournefeuille, pour mieux se rendre compte des conditions d'hébergement.

Les experts de l'Europe poursuivent leur «classe verte» à Toulouse. Dans la Ville rose depuis mardi pour étudier les questions relatives aux Roms et aux Gens du voyage, les observateurs du Conseil européen ont visité hier après-midi l'aire d'accueil des gens du voyage à Tournefeuille. L'occasion selon un membre du conseil européen «de montrer aux représentants des différents pays que les gens du voyage sont des citoyens français».

Une façon, aussi, de se rendre compte des modalités d'hébergement de ces populations en France. Peu avant 15 h 30, deux grands bus ont lâché une quarantaine d'experts devant l'aire d'accueil, audioguides dans les mains et casques sur les oreilles. La scène est quelque peu surréaliste. La visite commence, dirigée par Hélène Desmettre, première adjointe à la mairie de Tournefeuille en charge de la cohésion sociale. Certains en profitent pour faire des selfies, devant les caravanes. Les organisateurs sont mal à l'aise. Ils ne s'attendaient visiblement pas à un tel arsenal.

«On a l'habitude que les gens viennent nous voir sur le camp, des curieux ou des intrigués qui veulent savoir comment on vit», relativise Giena. Alors hier, elle ne s'est pas particulièrement sentie comme un «objet de foire». Pas plus que les autres jours. Elle est de passage à l'aire de Tournefeuille avec sa famille. De passage tout court : «Une maison sédentaire ? Alors ça jamais de la vie, on est né et on mourra dans nos caravanes», assure-t-elle. Giena répond, à l'aise, aux questions des experts de l'Europe. «Vous avez une carte d'identité spécifique ?» «Non, on a une carte d'identité comme tout le monde». «Qu'est-ce que vous faites comme travail ?» «On fait les marchés et la ferraille, et l'hiver, la peinture et les espaces verts».

Elle tient aussi à faire savoir que «les hommes se lèvent tous les jours à 6 heures du matin pour aller travailler».

L'échange semble avoir été instructif pour les experts. Certains connaissent peu cette population. Ricardo Venturini, originaire de Saint-Marin en Italie, explique : «On en reçoit moins en Italie et les conditions d'hébergement sont différentes : ils ne restent que deux à trois semaines dans les aires». Sophie Heegaard, représentante de la Suisse, est «particulièrement» intéressée : «Nous avons aussi des communautés de gens du voyage, notamment des Manouches et des Yéniches, c'est intéressant de comparer».

«Nous connaissons les mêmes besoins et les mêmes réalités en Belgique», constate Ahmed Ahkim, un expert. Les observateurs doivent maintenant faire le bilan dans leurs pays respectifs.

 

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