Le gouvernement wallon a acté jeudi le principe d'une assurance autonomie obligatoire à instaurer pour le 1er janvier 2017. Elle permettra à toute personne confrontée à une perte d'autonomie de bénéficier de multiples services à domicile pour pouvoir rester plus longtemps chez elle, a annoncé jeudi le ministre wallon de la Santé Maxime Prévot. L'assurance autonomie obligatoire existe déjà depuis plusieurs années en Flandre et était attendue au sud du pays. Son principe figure dans la déclaration de politique régionale.

Elle sera organisée via les mutuelles, qui pourront ainsi disposer d'un budget d'une centaine de millions d'euros pour offrir des services complémentaires à ceux qu'elles proposent déjà. Ce seront des services à domicile agréés, de type aide et maintien au foyer, gardes à domicile, aménagements d'habitation, etc.

 

Contrairement à la Flandre qui a instauré un système forfaitaire offrant du cash à partir d'une prime de 50 euros par an pour les plus de 21 ans, la Wallonie proposera donc des services. La quote-part personnelle, réduite via la mutualisation, sera aussi fonction de la capacité contributive de chacun. Le gouvernement doit encore trancher ces paramètres.

Une des particularités de l'assurance obligatoire sera aussi de faire sauter le seuil des 65 ans, qui sépare actuellement l'APA (aide à la personne âgée de plus de 65 ans) du BAP (budget d'aide personnalisé, pour les moins de 65 ans).

Ces deux régimes s'éteindront progressivement et seront intégrés dans l'assurance autonomie, qui s'adressera ainsi à toute personne en perte d'autonomie, quel que soit son âge ou son entourage.

Santé, handicap, allocations familiales: la Wallonie aura son agence unique le 1er janvier

Le nouvel organisme chargé d'accueillir les multiples compétences de santé et d'action sociale régionalisées par la 6e réforme de l'Etat sera mis en place le 1er janvier prochain, a annoncé jeudi le gouvernement wallon, qui a approuvé en première lecture l'avant-projet de décret en la matière. Cette "Agence wallonne de la Santé, de la Protection sociale, du Handicap et des Familles" - un nom moins administratif sera trouvé dans les prochains mois - ne gérera pas moins de 4,25 milliards d'euros de compétences, devenant l'organisme d'intérêt public (OIP) wallon le plus important après le Forem.

Elle regroupera à Charleroi toute une série de politiques éclatées aujourd'hui entre le Fédéral, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région, ainsi qu'entre une "lasagne" d'administrations et d'OIP, selon M. Prévot. L'organigramme final est passablement plus épuré que l'organisation actuelle.

L'objectif est de favoriser les synergies entre trois grandes branches: les politique de bien-être et santé (remboursement de prestations en maisons de repos et de soins, prévention, etc), la politique de handicap actuellement gérée par l'AWIPH (qui sera fondue dans le nouvel OIP) et les politiques familiales, dont les allocations familiales pour lesquelles les budgets fédéraux seront transférés au plus tard fin 2019.

La future agence emploiera quelque 800 personnes, abritées dans un premier temps dans l'ancien hôtel de police de Charleroi et les bâtiments de l'AWIPH, avant que le gouvernement n'opte pour une localisation définitive dans la métropole sambrienne.

Elle sera dotée de plusieurs mesures de bonne gouvernance, comme un conseil de monitoring budgétaire, un comité d'audit indépendant, l'absence de jetons de présence (les mandataires sont déjà rémunérés pour la fonction principale qu'ils exercent en tant que représentants de fédération ou d'une organisation), etc.

Enfin, une caisse publique d'allocations familiales sera mise en place, afin de séparer clairement les fonctions de régulateur et d'opérateur de l'administration.

 

Source : La Libre Belgique -  BELGA Publié le jeudi 02 juillet 2015 à 13h51