Namur : les voisins refusent les logements pour SDF


 

 

 

 

 

 

 

Les riverains du projet de la «Passerelle Gérard Jacob», à Jambes, redoutent des impacts négatifs sur leur qualité de vie.

Le projet est orignal, mais contesté. On le nomme «Passerelle Gérard Jacob», du nom de ce grand monsieur de l’aide sociale namuroise qui en avait émis les principes généraux, en 2006 déjà. Il s’agit de construire, sur une rangée de garages situés rue Paul Janson, le long du chemin de fer, à Jambes, dix logements modulaires de 30 m2 accessibles aux SDF. L’idée, en proposant aux plus démunis un «chez soi» à prix modique, est de leur permettre de se resocialiser. Un logement temporaire comme un tremplin pour reprendre pied dans la vie.

Soutenu par ministre wallon du logement Jean-Marc Nollet, le projet fait l’objet d’un accord de partenariat entre le propriétaire des garages, le CPAS de Namur, l’association Une Main Tendue et l’AIS Gestion Logement Namur. On évoque un budget de 500 000€.

«Nuisances olfactives»

«Nous vous demandons la preuve écrite officielle de l’abandon de ce projet.» C’est sur cette requête tranchante que se conclut la lettre envoyée par 140 riverains du projet au collège et au conseil communaux namurois. Les signataires font part de leur «inquiétude» et de leur «vive désapprobation» face à cette initiative qui mettrait un «camping social dans [leurs] jardins».
Ce qu’ils redoutent? La rupture de l’équilibre social du quartier et la création d’un ghetto, la naissance d’un sentiment d’insécurité ainsi que «des nuisances visuelles, olfactives et sonores» (sic)… Ils remettent en doute la pertinence du projet: répond-il à une attente des SDF? a-t-il fait l’objet d’une étude indépendante? ne risque-t-il pas de nuire à l’image de Namur? ne va-t-il pas tourner à rien et générer un nouveau chancre urbain? Les opposants s’interrogent aussi sur le bien-fondé d’un projet qui servirait selon eux les intérêts personnels du propriétaire des garages avec la rénovation de ceux-ci «aux frais du contribuable». Bref, l’initiative ne trouve décidément aucune grâce à leurs yeux.
En alternative, se revendiquant des principes du développement durable, ils suggèrent plutôt la construction de logements «en dur» sur un terrain du CPAS.

Source : L'Avenir (Mardi 1er avril 2014)