BERLIN - Plus de 65 ans après l'Holocauste, les Roms sont pour la première fois à l'honneur de la journée nationale de commémoration des victimes du nazisme, jeudi en Allemagne.

Un rescapé rom devenu fleuriste de la cour royale néerlandaise, Zoni Weisz, a été invité à prononcer un discours devant les députés du Bundestag, tandis qu'une rue et un gymnase de Berlin recevaient le nom de Roms persécutés sous le IIIe Reich. Le 27 janvier, anniversaire de la libération en 1945 du camp d'Auschwitz-Birkenau par les troupes soviétiques, est depuis 1996 en Allemagne une journée dédiée aux victimes du nazisme.
"Mais c'est la première fois que le sort des Sintis et des Roms d'Europe est mis au centre de cette cérémonie. Enfin", juge le président du Conseil central des Sintis et Roms d'Allemagne, Romani Rose, alors qu'un hommage a eu lieu en décembre au Bundesrat (chambre haute du parlement).
Selon le parlement, Zoni Weisz s'est dit "étonné et honoré" d'avoir été choisi pour évoquer "l'Holocauste oublié", c'est-à-dire l'extermination de 220.000 à 500.000 Roms en Europe selon les historiens, sur une communauté comptant alors un million de membres.

Les Roms, jugés "racialement inférieurs" par les nazis, ont été systématiquement persécutés, confinés dans des ghettos, des camps spéciaux, déportés ou tués sur-le-champ. Dans certains camps comme Auschwitz ou Ravensbrück, ils ont servi de cobayes pour des expériences médicales. Mais la RFA n'a reconnu officiellement qu'en 1982 ce génocide-là, avec un geste du chancelier Helmut Schmidt.

Source : Angola Press