Bien que la RTBF nie le caractère intentionnel des propos tenus par Alain Simons, elle a été sanctionnée par le CSA.-© Jean-Yves Limet



Le Conseil supérieur de l’Audiovisuel a sanctionné la RTBF pour les propos déplacés d’Alain Simons sur les gens du voyage.

«Attention! Je vous signale quand même la présence de gitans dans la région de Loverval, Gerpinnes, Somzée et les environs […] Si vous avez des trucs volables chez vous, faites attention!» Ces propos déplacés, ce sont ceux qu’a tenus Alain Simons dans la matinale carolo de VivaCité du 22 novembre dernier.

Saisi par trois plaintes, dont l’une émanant du Centre interfédéral pour l’égalité des chances (UNIA), le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a tranché. Au grand dam de la chaîne publique…

Dans une décision rendue publique ce mercredi, le Collège d’autorisation et de contrôle du CSA a ainsi décidé de sanctionner la RTBF pour avoir diffusé des propos incitant à la discrimination pour des raisons d’ethnie, plus particulièrement à, l’égard des gens du voyage.

«Une décision rare»

«Il s’agit d’une décision assez exceptionnelle, estime Mathilde Alet, secrétaire d’instruction au sein du Conseil supérieur de l’Audiovisuel. Car si les discours de haine ou discriminatoires font régulièrement l’objet de plaintes, on note assez peu de cas où la ligne rouge de l’incitation à la discrimination est franchie.» Pour preuve, seuls dix cas similaires ont été recensés lors des 15 dernières années. «Et pour la majorité de ces dossiers, les médias concernés restent assez confidentiels», détaille Mathilde Alet. Le dernier média grand public à avoir été sanctionné d’incitation à la discrimination étant Radio Contact qui, en 2002, avait comparé Vénus Williams à… un singe.

Bien qu’elle ait déjà condamné les propos d’Alain Simons et que ce dernier ait présenté ses excuses publiques sur VivaCité, la RTBF devra donc aller plus loin en diffusant un communiqué dans «Charleroi matin» et sur son site internet. Un communiqué grâce auquel les auditeurs seront informés du fait que «de tels propos s’analysent comme une incitation à adopter un comportement différencié et dès lors discriminatoire à l’égard de personnes identifiées par leur appartenance ethnique, et sont, de ce fait, illégaux. »

Source : L'avenir