L’invitation avait été lancée par le Centre de médiation des gens du voyage en Wallonie. Avec la complicité du ministre Maxime Prévot qui, de son côté, planche actuellement sur un projet de décret visant à impliquer chaque province dans l’organisation effective de l’accueil de cette population sur son territoire. Ce mardi 9 mai toute la matinée, Journée des gens du voyage oblige, un séminaire rassemblait divers acteurs au Théâtre royal de Namur.

« Depuis toujours, l’arrivée des groupes de gens du voyage suscite d’intenses réactions dans les communes wallonnes : qu’elle éveille rejet ou curiosité, elle défraye immanquablement la chronique et ne laisse personne indifférent », commente le Centre de médiation. « Si l’expérience a prouvé qu’une organisation effective, même minimaliste, du séjour temporaire des gens du voyage permet de réduire considérablement les tensions et difficultés rencontrées, force est de constater que la politique incitative et volontariste menée en Wallonie depuis quelques années ne génère que peu d’enthousiasme au sein des communes. Les solutions concrètes continuent donc à manquer, poussant des familles entières à errer sur les routes ou à s’installer sans autorisation. C’est dans ce contexte de difficultés persistantes, mais aussi d’expériences et de projets d’amélioration, que cette journée prend place. » La table ronde a donc rassemblé des porte-parole de la communauté des gens du voyage (y compris de Flandre), ainsi que des représentants communaux et provinciaux impliqués dans l’organisation du séjour temporaire. Avec un constat partagé depuis déjà un bout de temps, l’accueil ne se passe jamais aussi bien que lorsqu’il est préparé et qu’il bénéficie d’infrastructures adéquates. Comme, par exemple, celles que la Ville de Namur a créées à Lives-sur-Meuse, qui sont opérationnelles depuis avril 2015 et qui peuvent accueillir quinze caravanes en même temps. Reste deux problèmes.

 

L’accueil ne se passe jamais aussi bien que lorsqu’il est préparé et qu’il bénéficie d’infrastructures adéquates

Si l’initiative namuroise n’est évidemment pas un cas isolé, les aires d’accueil demeurent rares en Wallonie au regard du public cible.

Par ailleurs, si elles ont le grand mérite d’exister, celles-ci ne sont pas adaptées à de plus grands rassemblements. Un décret ne semble effectivement pas superflu.

LUC SCHARÈS

 

Source : Le Soir - Mercredi 10 mai 2017