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La fin des vexations pour les gens du voyage en Région bruxelloise ? Ce vendredi en tout cas, une ordonnance devrait être adoptée par le Parlement bruxellois qui se fait l’écho d’une vieille revendication, déjà rencontrée en Flandre : la reconnaissance de leur mode de logement dans la législation, à savoir le Code bruxellois du logement. La notion de domicile, jusqu’ici limitée à « un immeuble ou partie d’immeuble », sera désormais étendue à « l’habitation sur roues, caractérisée par sa mobilité » et « abritant de manière permanente et non récréative un ménage itinérant ou semi-itinérant ». Le touriste qui installe sa caravane au Camping de Barvaux-sur-Ourthe n’est donc pas concerné.

L’ordonnance est portée par six parlementaires : Vincent Lurquin (Ecolo), Alain Hutchinson (PS), Céline Fremault (CDH), Carla Dejonghe (VLD), Bianca Debaets (CD&V) et Elke Van den Brandt (Groen !). Ses implications sont multiples. D’abord, en termes d’urbanisme, elle doit permettre, à terme, une simplification des procédures. Et puis, en termes d’assurances logement, « cette reconnaissance leur donnera accès aux assurances nécessaires pour garantir leur sécurité matérielle », explique l’ordonnance.

Pour l’heure, une seule zone d’accueil est prévue
Forcément, cette modification législative n’aura d’effet que si on multiplie les zones d’accueil. Aujourd’hui, il n’en existe qu’une de ce type, à Haren, sur le territoire de la Ville. Plus largement, l’ordonnance poursuit deux autres objectifs : une meilleure connaissance des modes de vie – « le meilleur rempart contre les exclusions et les extrémismes » – et un devoir de mémoire. « Les Tsiganes, Manouches et autres communautés appelées “gens du voyage” ont, eux aussi, été exterminés dans les camps de concentration durant la Seconde guerre mondiale, rappelle Vincent Lurquin. Or plus personne ne commémore ce génocide ».

On estime à quelque 15.000 le nombre de Gens du voyage en Belgique, qui sont répartis entre la Flandre, Bruxelles et la Wallonie. A ce nombre il faut ajouter les Gens du voyage des pays limitrophes (France, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg) séjournant en Belgique pour quelques semaines ou quelques mois par an. Ce mode de vie mobile recouvre, pour la toute grande majorité des familles, deux dimensions essentielles, explique le Centre de Médiation des Gens du voyage et des Roms en Wallonie : le séjour temporaire avec des périodes qui varient généralement entre sept jours et trois semaines et un ancrage local, puisqu’ils sont aussi habitants d’une commune qui est leur lieu de résidence habituelle.

Source : Le Soir du 27 janvier 2012