En mai dernier, le Centre avait été sollicité au sujet de la construction d’un mur sur la ligne frontière franco-belge entre Wattrelos et Herseaux (Mouscron), plus précisément autour d’une aire aménagée au bénéfice des gens du voyage qui sont installés à quelques dizaines de mètres de là depuis de nombreuses années.

Il y a quelques jours, la polémique a été ravivée par le démarrage des travaux sur l’aire concernée. Alertés par les multiples articles de presse et déclarations politiques autour de la construction d’ un « mur de la honte », des représentants du Centre ainsi que le chargé de mission pour le Nord du Défenseur des Droits et le Médiateur wallon des gens du voyage se sont rendus sur place afin de constater de visu ce qu’il en était mais aussi dans le but de rencontrer les gens du voyage qui s’installeront d’ici quelques semaines sur l’aire aménagée.

 

Sur place, le Centre a pu constater que, contrairement à ce qui avait été initialement annoncé, si le terrain sera bel et bien intégralement clôturée, seuls quelques dizaines de mètres le seront par une palissade et non par un mur.

Il ressort, en outre, de notre rencontre avec les gens du voyage que ceux-ci sont satisfaits, d’une part, que l’aire d’accueil soit clôturée pour la sécurité de leurs enfants et, d’autre part, de la construction de cette palissade qui, selon eux, permettra à chacun de préserver son intimité. Pour eux, cette polémique relève donc d’un malentendu. Les regrets et inquiétudes des gens du voyage portent sur la taille de l’aire qui ne pourra pas accueillir l’ensemble des résidents actuels du terrain voisin, mais aussi sur les stéréotypes persistants sur les vols, dégradations et autres problèmes de sécurité soi-disant liés à leur présence. Ils soulignent aussi l’amalgame fait entre Roms et gens du voyage et la méconnaissance de leur mode de vie.

Dès lors que l’installation d’une palissade résulte d’une volonté commune de préserver la sécurité et l’intimité de chacun, il n’y a pour le Centre, pas lieu de continuer à s’y opposer. Il estime néanmoins que des actions doivent être menées pour favoriser la cohabitation et le vivre ensemble et couper court aux propos stigmatisant, discriminants ou racistes, qu’ils émanent de la presse, de riverains ou d’autorités locales.

Source: Centre interfédéral pour l'égalité des chances - 19 novembre 2011 -