Le conseiller Ecolo, Luc Parmentier. © Sylvain Piraux

 

Le débat politique est plié. Au conseil communal de Charleroi, le bourgmestre a confirmé les intentions de sa majorité : la ville va équiper un terrain pour y offrir des conditions d’accueil décentes aux gens du voyage.

Dans ce cadre, l’intercommunale Igretec a été chargée de se mettre à la recherche de parcelles. Au terme d’une première sélection, aucune proposition n’a pu être retenue : présence de pollution des sols, proximité de quartiers d’habitats, superficie inadaptée. Le travail va se poursuivre.

Comme l’a indiqué Paul Magnette, il sera procédé à des travaux d’aménagement (raccordement à l’eau, à l’électricité, collecte des déchets). Charleroi entend s’inspirer de ce qui a été fait dans d’autres communes wallonnes, notamment à Namur. « Depuis l’installation de la nouvelle majorité PS-MR-CDH, nous avons instauré le dialogue permanent avec les nomades. Un membre de mon cabinet a été mandaté pour aller à la rencontre des représentants de leurs familles, afin de définir les modalités de leur séjour et ainsi prévenir les tensions potentielles avec le voisinage, la difficulté étant de concilier qualité de l’accueil et maintien de l’ordre public. Je conviens qu’il faut aller plus loin mais c’est un premier pas : cette pratique concertée avec le centre wallon de médiation des gens du voyage permet d’éviter un certain nombre de conflits. »


Pas d’agenda à l’ordre du jour. La ville veut se donner le temps et les moyens du meilleur choix. Les subsides régionaux seront sollicités pour effectuer les investissements. L’accueil des nomades constitue un enjeu primordial. Selon le conseiller communal CDH Mohamed Kadim, 1.464 caravanes ont fait étape dans l’entité l’année dernière. Afin de lever toute équivoque sur l’épisode de la tranchée de la Sambrienne à la cité Parc, Magnette a indiqué que la décision de son conseil d’administration (NDLR : votée à l’unanimité mais mise en œuvre par le seul président Hicham Imane) ne correspondait pas à la tradition et au sens de l’hospitalité. Précisions également sur le rôle de la police : la recommandation de creuser un fossé pour empêcher l’accès au terrain n’émane pas de sa direction mais d’un membre de son personnel. C’est une initiative isolée.

Chef de groupe Ecolo, Luc Parmentier a apostrophé Hicham Imane dans des termes particulièrement durs, l’invitant à échanger son « bâton de führer » (lire fureur dans le texte) par un bâton de pèlerin pour trouver les moyens d’un accueil solidaire. Ambiance.

 

Le Soir - Didier Albin - Mis en ligne mercredi 1 juillet 2015, 10h46