CHARLEROI - Conseil communal

Namur met à disposition des nomades un terrain équipé à Lives-sur-Meuse.

Charleroi s’engage sur la même voie.-Ar. Antoine Janssens

Charleroi va équiper un terrain pour y accueillir décemment les gens du voyage. L’intercommunale Igretec a été chargée de rechercher des fonciers.

La Ville de Charleroi a confié à son intercommunale Igretec la mission d’identifier un terrain en mesure d’accueillir les gens du voyage. Les parcelles repérées au terme d’une première sélection ont dû être écartées: problèmes de pollution, proximité des zones d’habitat, superficie inadaptée…

Comme l’a indiqué le bourgmestre au conseil communal, il sera procédé à l’équipement en eau et en électricité, ainsi qu’à l’installation de conteneurs pour la collecte des déchets. En Wallonie, seules quatre communes ont déjà procédé à de tels aménagements: Bastogne, Namur, Ath et Sambreville.


Magnette l’a indiqué: à Charleroi, le terrain sera adapté à l’accueil de 40 à 50 caravanes, pas davantage. Si bien que le passage de grandes communautés de plus de cent caravanes continuera à nécessiter une médiation. «Depuis l’installation de la nouvelle majorité PS-MR-cdH, nous avons instauré le dialogue permanent avec les gens du voyage. Un membre de mon cabinet a été mandaté pour aller à la rencontre des représentants des familles, afin de définir les modalités de leur séjour et ainsi prévenir les tensions potentielles avec le voisinage, la difficulté étant de concilier qualité de l’accueil et maintien de l’ordre public. Je conviens qu’il faut aller plus loin mais c’est un premier pas. Cette pratique concertée avec le Centre wallon de médiation des gens du voyage permet d’éviter un certain nombre de conflits. »

Deux cas de figure existent pour les campements nomades. Ou bien ils s’établissent sur le domaine public communal et la Ville organise la concertation. Ou bien ils vont chez un privé, et cela ressort exclusivement des accords qu’ils trouvent ou ne trouvent pas ensemble. Avec la possibilité d’obtenir, devant le tribunal des référés, une ordonnance d’expulsion.

À quand la création d’une halte pour les gens du voyage? Si le bourgmestre se refuse à s’enfermer dans un calendrier, son intention est d’avancer aussi vite que possible. «Un dossier de demande de subsides sera par ailleurs introduit auprès de la Région wallonne.»

Afin de lever toute équivoque sur l’épisode de la tranchée de la cité Parc à Marcinelle, Magnette a indiqué que la décision de la Sambrienne «votée à l’unanimité en octobre dernier» ne correspondait pas à la tradition et au sens de l’hospitalité de Charleroi.

Selon le conseiller communal Mohamed Kadim (cdH), 1 464 caravanes ont fait étape dans l’entité en 2014. Cela aide à prendre la mesure du phénomène.

 

Maladresse, une de plus!

Un coup de force censé ouvrir le débat sur l’accueil des gens du voyage? Personne ne semble y croire au conseil communal, où l’on est convaincu qu’il s’agit d’un prétexte afin de dissimuler à tout le moins une maladresse politique en l’absence de concertation avec la majorité communale.

Mais de là à évoquer la mémoire du génocide tzigane et de l’épuration raciale des camps de concentration nazis… Chef de groupe Écolo de l’opposition, Luc Parmentier n’a pourtant pas hésité à franchir ce pas, au grand dam de la plupart des mandataires. «Je recommande au conseiller Imane d’échanger son bâton de führer (NDRL: lire «fureur» dans le texte) contre un bâton de pèlerin pour aller chercher à la Région wallonne (NDLR: où il siège) des moyens d’équipement», a-t-il lancé. Excessif? Il assume. Quant à l’intervention de la police dans ce dossier, le bourgmestre est très clair: la recommandation de creuser une tranchée a été formulée par un de ses hommes, elle n’est pas partagée par la hiérarchie.

 

Province Hainaut Le fil d'actu - 02/07/2015 09h36 - Didier ALBIN - L'Avenir