Une maison de vacances clé sur porte

La start¬up louvaniste Nutchel propose des chalets de loisirs en pièces détachées à monter en trois jours.

QUI N’A JAMAIS RÊVÉ DE COMMANDER une maison de vacances charmante et luxueuse, à installer en quelques heures, juste là où on le désire ? C’est le concept innovant qu’a imaginé un entrepreneur louvaniste en fondant en janvier 2018 sa start¬up Nutchel. “On propose un chalet en bois cosy, transportable en pièces détachées par camion, et installé à l’endroit choisi par le client pour un prix d’achat abordable”, explique le concepteur James Mennekens.
Chaque chalet est également meublé avec lit, cuisine, douche, toilettes, living et poêle à bois, et équipé d’assiettes, casseroles, etc., le tout pour 45 000 euros. “Si quelqu’un veut démarrer quelque chose de très petit dans le tourisme, via Airbnb notamment, avec ce concept, c’est possible. C’est devenu très tendance ces dernières années, la demande est importante.”

Un concept rapide
Les chalets fournis clé sur porte ont une dimension d’environ “25 m² pour cinq personnes et 13 m² pour deux à quatre personnes”, avec de grandes fenêtres “qui rapprochent de la nature”, précise le louvaniste. “On peut les poser sur le sol ou en hauteur sur des poteaux.” Par ailleurs, “le processus entier, de la production jusqu’à la livraison, est très rapide”.
Après commande, il faudra en effet seulement trois jours pour construire le chalet par la firme wallonne Préfabois à Tournai, avant d’être transporté en pièces détachées dans un camion. Et enfin, il faudra deux heures seulement pour l’installer “et le relier sur le réseau et à la fosse septique”.
Le charme de la maison de vacances
Ancien directeur général de Center Parcs Europe, James Mennekens a déjà acquis beaucoup d’expérience dans le domaine des maisons de vacances. Et selon lui, c’est ce que le Belge recherche en 2018.
“Le Belge veut pouvoir profiter du calme et de la nature, mais pas sans le luxe nécessaire”, assure¬t-il, tout en offrant la possibilité d’ajouter un jacuzzi dans la bâtisse. “J’ai appris beaucoup en matière de demande dans le monde du tourisme. En France, beaucoup de personnes achètent des mobilhomes et pourtant, ce n’est pas très joli.
Chaque année, 25 000 mobilhomes sont vendus en France. On s’est donc demandé si on ne pouvait pas créer la même chose mais en plus charmant et joli, en bois, pour les gens qui veulent acheter une maison de vacances et qui ont de très beaux terrains.”
Pour particuliers et professionnels
Pour le louvaniste, trois types d’amateurs peuvent être intéressés par ce concept de maisons de vacances innovant : “cela peut être une personne qui a un très bon jardin et qui veut démarrer quelque chose dans le tourisme de style Airbnb en louant un à trois chalets; une personne qui a un bon terrain et veut acheter une cabane pour lui, en Belgique ou à l’étranger; ou un professionnel qui veut installer des cabanes dans son camping”.
L’entrepreneur limbourgeois Chris Schelfhout a ainsi déjà acheté 35 cabanes qu’il a installées dans sa réserve naturelle de Neeroeteren dans le Limbourg, où il vient d’ouvrir un parc de vacances avec parcours d’aventure et proximité avec la forêt. Un domaine qui a été construit en à peine quatre mois grâce à ce processus de production original, au lieu d’un délai généralement d’un an.
Le fondateur de Nutchel a également déjà vendu huit chalets au Danemark et six en Suède. “Plus de 55 personnes sont intéressées en Flandre”, révèle celui qui envisage de vendre “entre 40 et 50 maisons en Europe par an”.
“Des fermiers sont aussi intéressés d’en acheter en Angleterre.” Enfin, outre la vente de chalets, Nutchel dispose également d’un service d’aide à la location via une visibilité sur le site de Nutchel, des conseils…
Non, l’immobilier n’est pas un luxe
L’article “L’immobilier est un luxe”, relatant les propos du professeur à Solvay et La Sorbonne Roland Gillet, paru dans “La Libre Immo” du jeudi 21 juin, a eu un lecteur assidu : un de ses confrères, Etienne Beguin, notaire et professeur à l’UCL. Celui¬ci s’est fendu d’un courrier dans lequel il explique qu’il ne partage pas entièrement les propos de M. Gillet. “Au contraire”, écrit¬il, “je pense que l’accession à la propriété de son logement est la meilleure épargne qu’un particulier puisse faire.” Il convient que l’immobilier s’envisage sur le long terme et que la durée de vie d’un couple est en moyenne plus courte que celle du crédit hypothécaire (souvent sur 20 ans). Tout comme il admet que “les frais de mutation sont élevés en Belgique”. Mais, pour leur première acquisition, argue¬t¬il, les acquéreurs pourront bénéficier d’un taux réduit et/ou d’un abattement qui limitera les frais d’achat. Tandis que “la nécessité de disposer de fonds propres n’est pas généralisée”. “Elle facilitera la négociation”, certes, “mais, de nombreux acquéreurs obtiennent encore un financement de 100 % pour leur première acquisition”, assure M. Beguin.
Une vertu éducative
Autre élément important à souligner, poursuit le professeur, “c’est qu’un loyer est indexé alors que la mensualité d’un crédit ne l’est pas. Elle demeurera inchangée si le taux est fixe et ne sera revue que dans la mesure prévue dans la convention et la loi si le taux est variable”. Compte tenu de la faiblesse actuelle des taux, ajoutet¬il, “certaines mensualités sont inférieures au montant d’un loyer. Ainsi, un loyer de 800 euros en 1998 est devenu 1 146,79 euros, suite à l’indexation (soit plus de 43 % de majoration), alors qu’une mensualité sera restée identique.” Par ailleurs, “si les conséquences d’une défaillance sont graves pour le crédité, il n’en va pas autrement du non-paiement du loyer. En outre, le taux de sinistres en matière de crédit hypothécaire est extrêmement bas, comme le révèlent les statistiques publiées par la Centrale des crédits aux particuliers”. L’achat d’une habitation a également une “vertu éducative”, pointe encore Etienne Beguin. “Le paiement des mensualités constitue une épargne forcée très utile. En effet, si l’on arrive à la pension en ayant dépensé ses revenus sans constituer d’épargne, on risque de se trouver dans une situation difficile [… tandis que] si l’on est propriétaire de son logement, on pourra, si nécessaire, envisager de le vendre en viager (formule actuellement favorisée au plan fiscal en Région wallonne) pour obtenir un complément de pension.” “Les choses ne sont pas noires ou blanches”, conclut¬il, “mais la sensibilité et l’expérience de chacun […] feront que l’on perçoit que le verre est à moitié vide ou à moitié plein”.

Source : Lalibre