Cet article, écrit par Laurence Damanet, a été publié dans "L'Avenir" du vendredi 16 janvier 2015.

Le doyen Philippe Masson a voulu prendre pour symbole de son installation une babouche et une charentaise. Une façon d’avancer ensemble.
EdA


D’un abord jovial et sympathique, Philippe Masson, nouveau doyen florennois,se veut avant tout homme de proximitéet voué aux plus démunis.
Accueil et enthousiasme sont les termes qui qualifient la personne qui nous ouvre la porte de son presbytère. Il s’agit de Philippe Masson, nouveau doyen de Florennes depuis septembre dernier.
Alors qu’il s’installe pour raconter son parcours d’apostolat, plusieurs amis d’anciennes paroisses frappent à sa porte. Il ouvre à tous et a directement le sens de l’accueil: difficile de ne pas s’asseoir, prendre un verre, une pâtisserie tout en évoquant sa cérémonie d’installation dans la paroisse par Monseigneur Vanccotem. Derrière le sourire malicieux, on comprend très vite qu’il a apprécié l’entièreté de cette journée avec son côté protocolaire, mais aussi son côté festif qui lui évoque que « tout est bon pour faire la fête à Florennes».

Il connaît les gens de voyage et veut voyager avec tout le monde

Il est avant tout un accompagnateur des hommes de voyage qu’il a suivi, guidé, écouté pendant de nombreuses années. L’abbé Philippe a été pendant 10 ans aumônier des gens du voyage tout en étant doyen à Martouzin (Beauraing).
Ce furent là les plus belles années de sa vie, dit-il, celles où il lui a semblé être le plus utile et qui lui ont appris la tolérance et l’accueil de la différence. «J’ai accompagné des forains et des Tsiganes, explique Philippe. Des personnes qui s’en sortent parce qu’ils se serrent les coudes. Dans les cités provisoires à Marseille, je les suivais en caravane. Ces personnes m’ont appris la solidarité et la tolérance.»
Lorsqu’il y a une quinzaine d’années Monseigneur Léonard le désigne comme nouveau doyen d’Auvelais, la cassure a été très dure à vivre.
Aujourd’hui, assez pragmatique, il a bien pris son envolée vers Florennes. « Je rencontrerai beaucoup de très belles personnes et d’autres qui le seront moins. J’avancerai sans me mouler dans les formes de mon prédécesseur Joseph Goffin. Ce qui physiquement est d’ailleurs impossible.»

Philippe Masson se plaît partout.

« Je ne suis pas du genre à vivre avec des regrets, spécifie-t-il. Toute époque, tous lieux ont leurs bons aspects. Je tâche de voir le bon côté des choses. À Florennes, je me rends compte que le côté festif est important. Y participer sera primordial pour moi.»
L’homme est empli d’humour, et d’abord envers lui-même.
Il emploiera ainsi quelques formules humoristiques lors de la cérémonie d’installation, dont cette phrase qui a fait rire, sourire et peut-être fait grincer quelques-uns: « je remercie aujourd’hui mes ex et leurs enfants d’être là ce dimanche… Mes ex-paroissiens, Monseigneur, ceux d’Auvelais qui ont fait le déplacement en famille»!

Les écureuils à la place des cloches

Tous savent que Joseph Goffin faisait la collection des cloches, qui sont reparties avec lui. Philippe Masson à une autre déformation: la collection des écureuils. Animal symbole des gens du voyage. Il en détient des milliers qu’il espère exposer après les travaux de sa demeure.
Philippe Masson semble être un homme d’ouverture avec une mentalité qui a tout pour plaire aux mentalités et pourquoi pas, les changer un peu.