ORP-LE-PETIT Un groupe de gens du voyage est arrivé à Orp au lendemain des élections. Ils se sont installés sur le terrain de football en parfait accord avec la commune. C’est une exception : le manque d’endroits où s’arrêter reste problématique en Brabant wallon.


 Deux semaines durant, enfants et adultes ont vécu sur le terrain de football d'Orp-le-Petit. En accord avec la commune et apparemment sans qu'aucune plainte n'ait été constatée. © GH.

La saison étant terminée et les vacances scolaires n’ayant pas encore commencé, le terrain de football d’Orp-le-Petit devrait être inoccupé. Sauf que, depuis quelques jours, une quinzaine de caravanes s’y sont installées sans que cela ne pose le moindre problème à qui que ce soit.
Ces gens du voyage, qui ont prévu de partir ce mardi, ne sont pas arrivés là par hasard. Tout résulte d’une discussion menée avec le bourgmestre d’Orp-Jauche début du mois de mai. « Il a été très sympa de nous recevoir, souligne Manuel Charpentier, le porte-parole du groupe qui compte une septantaine de personnes. Il s’est montré très attentif à nos problèmes et m’a fait confiance. Nous ne recevons pas ce genre d’accueil partout… »
Concrètement, outre la possibilité de passer deux semaines sur l’étendue herbeuse, une convention mêlant les deux parties stipulait que les nomades pouvaient bénéficier de l’eau courante et de l’électricité ainsi que d’un conteneur pour les déchets. Mais pas d’avantage pour autant. « Des compteurs permettent de savoir combien nous devrons payer, précise Manuel Charpentier. De même, nous utilisons les sacs-poubelles payants de la commune… comme tout un chacun. »
Bref, un accueil comme les gens du voyage aimeraient en recevoir plus souvent. A en croire le meneur du groupe, seules trois ou quatre communes assument leur part de responsabilité en Brabant wallon. Pour le reste, le manque de terrain est toujours manifeste. Et le ras-le-bol est latent.
« Il serait bon que les autres bourgmestres prennent exemple sur ceux qui nous reçoivent, estime Manuel Charpentier, par ailleurs président du Comité national des gens du voyage. Qu’on nous considère partout comme des citoyens à part entière. Nous sommes des êtres humains ouverts à la discussion et élevés dans le respect des choses. Mais nous vivons dans un pays où la politique est souvent discriminatoire à l’égard des gens du voyage. »
Le mayeur Hugues Ghenne ne dit pas le contraire ; lui qui se réjouit que, moyennant une entrevue préalable, un accord ait pu être dégagé pour que les caravanes puissent s’installer en toute quiétude et sans gêner quiconque. «  Ce ne sont pas des voleurs de poules qui ont débarqué, conclut-il. Tant que les règles sont respectées… A la commune, nous n’avons, du reste, enregistré aucune plainte à ce sujet. Par contre, si d’aventure un groupe débarquait sans prévenir et ne respectait pas la convention, il serait évacué directement. »


Geoffroy Herens

Source : Le Soir (Mardi 10 juin 2014)